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Quelle est l'origine et l'évolution du complexe d’œdipe chez Freud et chez un post-freudien ?

Quelle est l'origine et l'évolution du complexe d’œdipe chez Freud et chez un post-freudien ?

 Introduction :

 

  Le complexe d’œdipe se révèle être un ensemble organisé et logiquement articulé entre eux de désirs amoureux et hostiles que l'enfant éprouve à l'égard de ses parents. Ce système complexe de désirs visant alternativement la mère ou le père selon la position sexuelle de l'enfant sont des désirs inconscients. Pour les psychanalystes l’œdipe n'est pas tend à saisir comme un objectivable comportemental dans ses manifestations effectives mais d'abord et avant tout comme un organisateur inconscient de la subjectivité. La dimension inconsciente de ce complexe structurant doit d'emblée inviter à renoncer à le saisir comme une période repérable dans le développement de l'enfant. Pour la psychanalyse l’œdipe est tout sauf un stade de développement. Il y a en effet une période œdipienne mais le complexe d’œdipe produit ses effets tout au long de la vie d'où l'aspect structurant s'il est abouti positivement. C'est une certaine organisation de la subjectivité à laquelle l’œdipe procède et non pas simplement un moment clé (entre 3 et 5 ans). La période œdipienne (5-6 ans) classique ne fait pas disparaître les enjeux œdipiens, tout au contraire selon Freud les enjeux spectaculairement manifestes de cette période auront bien plutôt tendance à ressurgir en permanence en dehors du refoulement tout le long de la vie. Et durant certaines périodes propices à la réactivation en rapport avec l'inceste.

     Si le complexe d’œdipe joue un rôle fondamental dans la structuration de la personnalité et l'orientation du désir, il n'y va pas que d'une notion de culture générale mais au contraire d'un opérateur psychopathologique majeur indépassable pour la psychanalyse, ils en font l'axe de référence majeur de la nosographie psychanalytique. La psychanalyse cherchant notamment à spécifier pour chaque type de pathologie les modes originaux de sa position et de sa résolution. La position originale et la résolution fait la pathologie pour eux : l’œdipe s'avère être le carrefour structural de toute la psychopathologie psychanalytique.

L’œdipe joue un rôle majeur dans la construction identificatoire d'un sujet (idéaux, façon d'aimer, de travailler…).

     Au-delà de la simple construction individuelle se dégage une signification anthropologique de l’œdipe que l'on retrouve notamment dans une thèse : l'universalité de l’œdipe (Freud), il soutient aussi que la structure triangulaire du complexe d’œdipe pouvait se retrouver dans les cultures les plus diverses y compris celles où ne prédominent pas la situation « commune » de la famille conjugale. L'Oedipe semble donc un passage obligé pour tous les êtres humains quelque soit l'époque ou la culture. L'Oedipe n'est pas un complexe familial, mais le fantasme d'un seul individu (l'enfant), il est invisible dans la réalité. On ne peut que le pressentir au travers des comportements de l'enfant avec ses parents ou substituts ou encore dans des attitudes particulières chez les adultes, notamment lors d'une analyse.

    L'Oedipe masculin est nettement différent de l'Oedipe féminin mais il ne s'agit pas non plus de son contraire de l'un par rapport à l'autre. C'est pour cela que le terme de complexe d'Electre qui proposait une symétrie entre deux sexes a été refusé par Freud.

Freud a commencé à rencontrer le complexe d'Oedipe sous un visage négatif, à contrario et en vertu d'une erreur clinique qui a alimentée les premières œuvres freudienne. Nous développerons cette hypothèse théorique constituant les textes pré-analytiques dans la Partie I.

Le complexe d’œdipe est progressivement identifié comme tel et commence à recevoir son véritable statut théorique. La première mention du nom « œdipe » apparait en 1900 dans L’interprétation du rêve de Freud et en 1910 émerge l'inscription de l'expression « complexe d’œdipe » dans Un type particulier de choix d'objet chez l'homme. L'Oedipe freudien divergera et s'affinera par les théories post-freudiennes, nous ciblerons notre recherche sur le complexe d'Oedipe de Mélanie Klein qui fut la chef de file d'un mouvement psychanalytique anglais ayant promu la psychanalyse de l'enfance.

 L'origine et l'évolution du complexe d’œdipe chez Freud

 

 

A l'origine la grande hypothèse théorique de Freud repose sur l'idée que l'ensemble des symptômes névrotiques expriment le souvenir inconscient d'une scène traumatique, une scène de séduction dans l'enfance par un adulte effractant l'innocence de l'enfance par une agression.

Freud a postulé pendant les dix premières années de sa pratique clinique l'action étiologique réelle des traumatismes sexuels mais il en est revenu et en a découvert l'envers en se rendant compte que sous le masque de cette réalité rapportée sous le mode du souvenir se reflétait en fait un réel fantasmatique, un souvenir beaucoup plus fantasmé que réalisé. Le moment général de la découverte de la psychanalyse a consisté toujours à se libérer de la sur-estimation de la réalité et de la sous-estimation du fantasme.

 

De cette théorie de la séduction (1895-1897) (théorie du premier mensonge), le sujet rapporte une situation traumatique qui l'a en réalité fantasmée et non pas vécue. Cette théorie donne d'emblée à Freud l'idée que les situations incestueuses, les contextes incestueux sont beaucoup plus répandus qu'il n'y paraît. L'inceste réel certes, mais il existe des situations à connotations incestueuses, il suffit qu'une situation connote de l'inceste pour que le sujet ressente de l'effroi et produise des effets psychopathologiques. Les symptômes névrotiques ne se rattachent pas directement à des expériences réellement vécues mais à des fantasmes de désir et pour la névrose la réalité psychique importe plus que la réalité matérielle. Il s'agit en fait de scène non pas réelles mais inventées, fantasmées, la réalité de ces scènes de séduction importées en fait bien peu en regard de l'efficacité du fantasme. Fantasmer ces scènes suffisait à produire des effets.

 

Freud a cessé de surestimer la réalité matérielle et de sous-estimer la réalité psychique. Ce n'est pas par l'observation des enfants que Freud rencontre le complexe d’œdipe, mais dans l'interprétation du rêve qu'il travaille le complexe. Le mot œdipe apparaît à l'origine non pas à une période de l'enfance observable dans le développement et la maturation psychoaffective de l'enfant mais d'abord et avant tout pour expliquer une série de phénomènes chez les adultes qui ne peuvent trouver à s'expliquer qu'en référence à ce passé, en référence les rêves de morts des personnes chères. Avec l'abandon de la théorie de la séduction, les symptômes névrotiques ne sont plus conçus comme des symboles mnésiques de traumatismes réels mais comme autant de mise en scène de fantasmes œdipiens. En outre, les rêves incestueux prenant un des parents comme partenaire sexuel ou les rêves de mort dont ils feraient l'objet sont directement liés aux fantasmes œdipiens.

 

  1. L'origine du complexe d'Oedipe dans le mythe de la tragédie œdipienne :

 

L'Oedipe s'avère être un des concepts les plus cruciaux de la psychanalyse. A l'origine, il s'agit d'une légende qui explique l'origine de notre identité sexuelle d'homme et de femme, et, au delà, l'origine de nos souffrances névrotiques. Le destin d'Oedipe nous saisit car dit Freud "il aurait pu devenir le notre, et qu'avant notre naissance l'oracle a suspendu la même malédiction sur nous que sur lui" (L'Interprétation du rêve première édition datée de 1900). Cela sous-tend les premières pulsions réprimées : pulsion sexuelle envers la mère et la première pulsion de haine envers le père (pulsion parricide).

 

La tragédie d’œdipe Roi sous-tend pour Freud une opposition indiscutable des Dieux et de la vaine rébellion des hommes qui se dressent contre cette fatalité. C'est en voulant fuir son destin qu'on l'épouse tout à fait. Œdipe est une leçon d'humilité qui nous apprend notre impuissance. A l'intérieur de l'intrigue quelque chose nous parle secrètement, il y a nécessairement une voix au fond de nous-mêmes qui est prête à reconnaître la violence contraignante du destin dans œdipe. Pour Freud toute la pièce de Sophocle n'est que la réaction aux fantasmes de ces deux rêves typiques : le rêve incestueux visant la mère et le rêve parricide se débarrassant du père.

 

Le parricide s'avère incertain de part la version de deux meurtres distincts. Il s'agit en fait de deux événements distincts. Ce qui est certain c'est qu'il a épousé sa mère. De plus, une close d’indécidabilité de part sa culpabilité apparait. Ainsi, la dimension œdipienne n'est pas dans la pièce mais c'est notre besoin de triangulation qui le sous-tend. On ne peut pas ne pas penser que pour atteindre la mère il ne faut pas avoir fait quelque chose au père. Ce qui importe c'est la décision œdipienne que nous prenons en lisant la pièce.

 

  1. L'universalité du Phallus dans le complexe d'Oedipe :

 

A l'origine, la petite fille et le petit garçon sont convaincus que tout le monde possède un pénis, ou plutôt un phallus, à savoir au fantasme du pénis. Dans cette période que Freud appelle : la prémisse universelle du pénis, l'enfant, quelque soit son sexe anatomique, considère dans une croyance qui n'appartient qu'à lui, que tous les êtres humains, les animaux et même certaines choses, sont dotés du même objet auquel il tient tant. Pour tous les deux, tous les êtres possèdent quelque chose de valable qui représente un pouvoir, une puissance.

 

  1. Le complexe d'Oedipe pour le garçon :

 

Tout d'abord, le garçon a deux attachements importants :

- Le premier concernant ses désirs pour la mère comme objet sexuel. L'enfant est pris par cette excitation qui vient de sa région génitale et il va avoir un élan désirant envers sa mère.

- Le deuxième est l'amour, pas la désir, mais l'amour envers le père comme modèle à imiter. Ce dernier apparait là comme idéal que l'enfant voudrait devenir. Ces deux sentiments se rapprochent l'un de l'autre et finissent par se rencontrer. C'est de cette rencontre que résulte le complexe d'Oedipe.

A la suite de cette rencontre, l'élan du désir du petit garçon va se voir inhibé par un nouvel affect : l'angoisse.

 

L'angoisse : Cette angoisse est provoquée par trois éléments. En premier lieu, simplement la présence du père dans la réalité. Ce père va devenir le personnage principal de l'Oedipe masculin et non la mère. En second lieu, par la présence de la loi, comme si l'enfant entendait une voix lui disant qu'il ne peut pas accomplir son désir. Cette loi peut être dite par la mère, par le père, par un proche, mais c'est une loi sociale, humaine qui est à ranger du côté du père. Peu importe le personnage qui l'énonce, l'important est que cette loi soit une loi paternelle : c'est la loi de la prohibition de l'inceste, car si elle n'est pas respectée il y a menace d'une punition. En d'autre terme, cette loi coercitive stipule que l'enfant ne peut accomplir le désir de prendre la mère comme objet sexuel, au risque d'être puni de la perte de son organe. En troisième lieu, la source d'angoisse est une menace par la voie visuelle, le garçon va découvrir un jour le corps de sa mère ou d'une petite fille, sur lequel il constatera que dans la région génitale il n'y a pas de pénis. Ce constat lui fait croire que si elle n'a pas le phallus lui aussi peut le perdre.

Donc, devant la présence gênante de la personne du père, devant l'écoute de la loi qui le menace de punition, et devant le constat qu'il y a des êtres qui à ses yeux ont été châtrés et que la castration est possible : le garçon subit l'affect de l'angoisse et inhibe son désir.

En outre, un autre affect vient se greffer qui est celui par lequel on connait l'Oedipe : c'est la haine contre ce rival qui énonce ses lois et vient s'interposer entre sa mère et lui. Nous sommes à ce moment là de l'Oedipe au centre de ce qui se nomme : le complexe de castration.

 

Le complexe de castration : A ce moment là de l'Oedipe le garçon est pour la première fois confronté à une épreuve radicale qui est celle de faire un choix :

- Ou bien il abandonne son désir et l'objet de son désir qui est la mère et il préserve son corps.

- Ou bien il ne l'abandonne pas mais perd son pénis.

Dans ce choix crucial, ou bien il choisit l'objet sexuel et est dépossédé de son pénis, ou bien il choisit un objet narcissique, comme le dit Freud et par conséquent abandonne l'objet sexuel.

Dès lors, ce choix de garder son pénis démontre que le garçon accomplit un choix narcissique avec pour intention de se protéger.

 

Le désir envers le père : Par ailleurs, il existe dans le complexe d'Oedipe du garçon un désir envers le père, car à la suite de ce choix l'amour et la haine pour le père vont être dépassés par un troisième affect : celui du désir envers le père qui changera fondamentalement de statut. Ce père n'apparait plus aux yeux du garçon comme modèle idéal, comme rival gênant mais comme un objet sexuel désirable. Tous les garçons arrivent à cette position là dans le cas d'un aboutissement positif de l'Oedipe, néanmoins il est très difficile pour Freud de dire si cela arrive après ou avant le complexe de castration.

 

En conséquence, le résultat de ces trois caractères : le père aimé, haï et désiré va définir le surmoi de l'enfant, c'est le résultat de l'identification à ces trois caractères qui va permettre au garçon de pouvoir se séparer du père et de le garder à l'intérieur de lui sous la forme du Surmoi (introjection des images parentales idéalisées).

 

  1. Le complexe d'Oedipe pour la fille :

 

Première étape :

 

Freud dit qu'elle est purement spéculative. Chez la fille, comme chez le garçon, il y a également prémisse du phallus en tant qu'attribut universel. Il existe chez elle une préhistoire de l'Oedipe et une suite qui n'existe pas chez le garçon. Cette préhistoire de l'Oedipe féminin est le rapport très étroit de la mère avec la fille. La mère, même avant le stade phallique, d'après Freud, constitue un objet de désir et, par conséquent, un objet de fantasme : un phallus. Dans l'histoire de l'Oedipe féminin, l'objet de désir est : la mère, et également la zone érogène dominante, même très petite : le clitoris. Ainsi, pour elle, le phallus c'est la mère mais aussi le clitoris.

 

Deuxième étape :

 

Rappelons que l'Oedipe s'étend chez elle sur plusieurs années. Il y a au préalable une haine féroce de la fille à l'égard de sa mère au moment du sevrage. En effet, en amont,  la perte du sein va susciter chez elle un sentiment de profonde hostilité qui va réapparaitre plus tard, lors de la phase phallique elle-même. L'objet du désir ne sera plus la mère mais le père et la zone érogène n'est plus le clitoris mais progressivement la découverte du vagin.

 

Entre la première et la deuxième étape, où le père prend la place de la mère et le vagin la place du clitoris, va s'intercaler le complexe de castration qui ouvre l'Oedipe chez la femme.

 

Le complexe de castration : Pour Freud, le complexe de castration de la fille commence avec une vision, elle voit le corps d'un garçon et constate, en voyant un élément de la réalité, non pas qu'elle n'a pas de pénis dans son corps, mais qu'elle n'a pas l'indice de réalité qui lui confirmerait qu'elle détient le pouvoir du phallus. N'ayant pas cet indice de réalité elle n'a plus l'illusion de la prémisse universelle. Elle veut avoir, non pas tant le pénis, mais ce qui lui permettrait de soutenir son illusion.

 

De nombreux affects vont apparaitre ; en premier lieu de la désillusion, puis de la nostalgie de ce qu'elle "pensait" avoir comme pouvoir et comme illusion. Vient ensuite à l'égard surtout de sa mère de la rancune, qui ne lui a pas donné ce phallus, qui n'a pas su la préparer à ce constat, qui ne l'a pas protégé du moment où elle allait découvrir que l'illusion est perdue.

 

Le vagin, réceptacle à un nouveau phallus : Fantasmatiquement, chez la fille, son vagin peut être réceptacle à un nouveau phallus : un phallus-bébé fait par le père. La fille va alors, elle aussi, se heurter à la loi du père qui prohibe l'inceste mais à la différence du garçon, elle ne devra pas affronter l'angoisse de castration.

 

Angoisse de la perte d'amour de l'objet aimé : En revanche, il y a tout de même une angoisse chez la fille que Freud ne décèlera qu'à la fin de sa vie : c'est la peur de perdre l'amour de l'objet aimé. Seulement, cette angoisse due à la peur de perdre l'amour de la mère est une force de dissuasion moins puissante que l'angoisse de castration du petit garçon.

 

  1. Déclin du complexe d'Oedipe :

 

Avec le déclin du complexe d'Oedipe, plus graduel chez la fille que chez le garçon, l'enfant renonce à son désir pour s'identifier. L'identification est un processus qui se déroule par intériorisation, par introjection des images parentales idéalisées. Dès lors, la partie du Moi qui contient l'identification au père idéalisé forme une instance distincte et autonome, ce n'est qu'à partir de là que se crée le Surmoi, héritier du complexe d'Oedipe. C'est donc à partir de l'identification au parent de même sexe que se crée le Surmoi, si ce n'est pas le cas il n'y aura pas de lien privilégié avec le parent de sexe opposé dans l'avenir.

Le Surmoi est donc une introjection des interdictions parentales et forme la base de la conscience morale. Par la mise en place du Surmoi, un mécanisme puissant d'oubli va pouvoir opérer : c'est le refoulement. Il consiste à repousser dans l'inconscient des représentations liées à une pulsion libidinale (dont la satisfaction susceptible de provoquer du plaisir risquerait d'engendrer du déplaisir à l'égard des autres exigences). Le complexe d'Oedipe et nombre de représentations préœdipiennes qui s'y rattache seront refoulées.

 

Le refoulement de ces pulsions sexuelles aménagent un terrain neutre, non conflictuel qui favorise les acquisitions éducatives et le développement des intérêts cognitifs, amenant peu à peu à la période de latence. Néanmoins, si le refoulement de l'Oedipe n'est pas assez absolu, beaucoup des expériences, des affects, des sentiments et des relations intra-psychiques que l'enfant a pu avoir avec son père ou sa mère vont passer au travers de la barrière du refoulement et se manifester ultérieurement notamment au moment de la puberté, ou chez le jeune adulte. L'Oedipe peut se manifester par des troubles ou des perturbations de type névrotique pouvant persister tout au long de la vie du sujet.

 

Enfin, l'Oedipe constitue l'épreuve que tout individu doit traverser et dépasser. Qu'il s'agisse de l'Oedipe féminin ou masculin, dans les deux cas, c'est la mère qu'on perd. On pourrait presque dire que l'Oedipe est le complexe de séparation de la mère.

Avec le déclin du complexe d'Oedipe, la période de latence va succéder à la phase phallique.

 

  1. L'évolution du complexe d'Oedipe dans la vie amoureuse :

 

La formulation « complexe d’œdipe » apparaît pour la première fois dans : A propos d'un type particulier de choix d'objet chez l'homme (1910) où Freud va évoquer la singularité de la sexualité masculine où l'on rencontre régulièrement un choix d'objet, un choix de partenaire aussi fréquent que particulier et notamment dans la vie amoureuse des névrosés. Ce type de choix d'objet est le suivant : il existe un certains nombre de névrosés qui choisissent systématiquement comme partenaire, comme objet d'amour une femme qui ne soit pas libre, qui peut déjà faire valoir des lois, il s'agit du tiers-lésé. Cette condition du tiers-lésé qui s'avère parfois inexorable, s'avère être un objet qui peut être dédaigné jusqu'à qu'on apprenne qu'il est déjà pris. C'est l'indisponibilité qui confère à l'objet sa valeur.

 

Il est des hommes qui se fascinent et qui se fascinent exclusivement pour des femmes non pas chastes et de bonne renommée mais qui se passionnent pour des femmes qui ont mauvaise réputation, celle dont on peut douter qu'elle soit fidèle ou digne de confiance. Freud propose d'appeler cette condition « la clause de la putain », il s'agit du motif de la sensualité dangereuse. Freud dit que cette close apporte aux hommes de la jalousie, ces hommes ont besoin d'être jaloux. La fameuse contribution de la jalousie à la passion apparait nécessaire, le névrosé a comme besoin d'une relation triangulaire pour faire exister son désir.  Ce qui se dessine c'est une double polarité de la vie amoureuse divisée entre deux figures de la féminité : le clivage entre la maman et la putain. L'intérêt de cette grande dichotomie est de faire apparaître que cette condition relate d'une fixation de la tendresse d'un enfant à sa mère (qui sous-tend sans doute une fixation orale préœdipienne). La libido de l'enfant s'est attardée si longtemps chez la mère que tous les objets d'amour ultérieurs conserveront l'empreinte des caractères maternels. Ces objets d'amour deviendront des substituts de ce premier modèle maternel. En outre, la condition du tiers-lésé révèle d'une non liberté s'associant à une situation forte d'investissement affectif. Le fait que la mère « appartienne au père » nous apprend que nous avons déjà tous connu un tiers-lésé, il n'est autre que le père lui-même.

 

Dès lors, cette origine de ce choix d'amour dans cette constellation maternelle recèle d'une notion de recherche de l’irremplaçable, qui se manifeste par une multitude de substituts qui ne sont jamais le bon ou la bonne. Si l’irremplaçable maternel de l'origine se manifeste dans chacun des objets que l'on recherche c'est bien parce que chacun se substitut à faire regretter la satisfaction d'origine. Ainsi, l'hypothèse de Freud nous apprend que c'est parce qu'on est fixé au bon ou à la bonne qu'on ne trouve jamais le bon ou la bonne. Pour Freud la mère et la putain sont d'un point de vue inconscient la même chose. En effet, quand l'enfant apprend que pour qu'il soit là, la mère a du faire quelque chose avec un autre, il comprend qu'il a été trompé par la mère avec le père (le tiers-lésé). En définitive, la mère et la putain font la même chose. L'enfant depuis qu'il est naît à toujours était fidèle à un seul objet : la mère, mais il apprend que la réciproque n'est pas vrai, car la mère en a forcément vu d'autres. Nous ne sommes jamais le premier objet de notre premier objet.

 

Dans Le roman familial des névrosés (1909) l'ouvrage de Freud révèle qu'à l'époque où l'enfant apprend qu'il n'est pas tout pour la mère il se prend au jeu de se réinventer une généalogie. Il se fantasme une nouvelle origine, une famille vraiment à la hauteur. L'homme tombe sous la domination d’Oedipe il ne pardonne pas à sa mère et tient pour une infidélité le fait que ce ne soit pas à lui mais au père qu'elle est accordée à l'origine la faveur de son amour. Celle qui l'avait prise pour son tout à forcément à un moment cherchait ailleurs. Grande dichotomie entre le désir et l'amour, puisque la vie amoureuse par la suite des hommes (névrosés) sera souvent très travaillée par une relative impuissance s'agissant des femmes qu'ils aiment articulées de l'autre côté par des femmes qu'ils n'aiment pas. La vie de tels hommes restent clivée selon deux directions : amour céleste/amour terrestre. "Là ou ils aiment ils ne désirent pas et là où ils désirent ils ne peuvent t'aimer." A propos d'un type particulier de choix d'objet chez l'homme (1910), cela faisant écho à une fixation incestueuse. L'enjeu est toujours de maintenir isolé l'un par rapport à l'autre, ce que Freud appelle le courant tendre et le courant sensuel. La sexualité des adultes se montre donc divisée entre désir d'un côté et sensualité de l'autre, un geste de tendresse éveille alors le souvenir des tendresses premières. Par ailleurs, chez certaines femmes nous dit Freud ce n'est pas tant que la sensualité exclue la tendresse, c'est même souvent la tendresse qui éveille la sensualité. D'autre part, le fait de nouer sensualité et interdit exprime la passion assez typiquement hystérique pour les liaisons amoureuses clandestines, secrètes, pour les intrigues interdites.

 

Dans ce type particulier de choix d'objet chez l'homme, on peut compter quatre conditions de l'amour qui convergent. La première correspond à la condition du tiers-lésé. La seconde condition implique sa rencontre avec la première, il s'agit de l'impossibilité à entretenir une relation d'objet d'amour avec une femme prude, Freud parle plutôt "d'amour des prostituées" afin d'activer la jalousie. La troisième condition relate la formation d'une longue série de même type de choix d'objet à caractère obsessionnel, fondé sur la fidélité (compulsion de répétition). Enfin, la quatrième condition souligne la conviction que l'aimée a besoin de lui, son intention est de la "sauver".

 

Dès lors, là où se notifie pour la première fois le complexe d'Oedipe, Freud le saisit dans une particularité de la vie adulte amoureuse et non dans le développement de l'enfant. A partir de là en découle l'attitude ambivalente des petits garçons envers leur père et un choix tendre envers la mère signifiant la forme positive du complexe d’œdipe, dans laquelle le père est le rival dans la triangulation. Conformément à la tragédie d'Oedipe-Roi, nous sommes face au désir de mort pour le rival et au désir sexuel pour le personnage de sexe opposé : intention parricide/appropriation maternelle. Pour ce qui est de la forme négative du complexe d'Oedipe (le complexe se produit à l'envers), un amour pour le parent du même sexe et une haine jalouse pour le parent de sexe opposé se distinguent. Ces deux formes : positive et négative se retrouveront pour chaque enfant dans des degrés divers dans la forme complète du complexe d’œdipe. Tout complexe associe ces deux formes.

 

L'apparition d'un fait majeur met en exergue que le complexe d'Oedipe travaille toujours avec et à l'intérieur de la bisexualité originaire de l'individu. On constate donc qu'entre la forme positive du complexe d’œdipe et la forme négative existe toute une série de cas intermédiaires où ces deux formes coexistent dans une relation dialectique. Tout l'enjeu sera de déterminer les différentes positions adoptées successivement par l'enfant dans l'ascension et la résolution de son Oedipe. C'est bien ce en quoi le complexe d’œdipe ne fait en fait que connoter la situation de triangulation de l'enfant. Il n'est nul besoin d'un père réel pour faire son œdipe, il suffit que dans le désir de la mère soit symbolisé cette situation triangulaire. Cette situation triangulaire ne peut que s'imposer progressivement au sujet, il ne la découvre qu'à partir du moment où il sors du tête à tête maternel, ce qui renvoie nécessairement aux enjeux préœdipiens de la relation duelle. C'est la structure de la situation qui prime sur ses protagonistes.

 

 L'origine et l'évolution du complexe d’œdipe chez un post-freudien  Mélanie Klein

 

 

  1. Klein (post-freudienne et élève de Freud 1882-1960) avance que le complexe d'Oedipe serait tout à fait réparable chez des enfants très jeunes (antérieur à 3 ans) et qu'il est sous-tendu par des processus relationnels précoces. Elle poursuit l'œuvre freudienne en y apportant un complément et un affinage. Klein aborde le complexe d'Oedipe à partir de cures d'enfants, elle utilise notamment le jeu qui lui permet de mettre en lumière la vie fantasmatique de l'enfant et d'y étudier les stades précoces de son développement et de ses angoisses archaïques.

 

L'Oedipe Kleinien diverge de celui de Freud par deux points essentiels :

 

- Le Remaniement et la chronologie du calendrier dans le développement de l'enfant.

- Le complexe d'Oedipe kleinien n'est pas centré sur la castration.

 

  1. Remaniement de la chronologie et du calendrier :

 

Jusque-là, on savait que le complexe d'Oedipe se mettait en place aux alentours des 3 ans de l'enfant, puis qu'il s'atténuait vers 6-7 ans avec la phase de latence. Or, pour Klein on commence bien avant, notamment avec deux temps préliminaires : la fin du stade oral et la fin du stade anal. Cette idée ne remet pas en question le temps fort du complexe d'Oedipe freudien qui est centré sur le pouvoir et le phallus, mais il y a deux avancées avec les stades oral et anal, c'est-à-dire deux moments où les pulsions destructrices de l'enfant et un surmoi primitif apparaissent. On parle de pulsions sadiques orales et de pulsions sadiques anales. De plus, c'est concomitant avec le stade du miroir (6-18 mois).

 

C'est aussi le moment, cher, à Klein du clivage avec la bonne mère et la mauvaise mère. Par rapport à la bonne mère on est dans le principe de plaisir et par rapport à la mauvaise mère se pose le problème de la mère qui fait attendre et qui peut disparaitre en étant animée de pulsions destructrices envers lui. Par effet de miroir, si la mère est capable d'avoir de telles pulsions destructrices, l'enfant croit qu'il possède les mêmes, puisqu'il se conçoit par l'image qu'il a d'elle (projection et identification projective).

A partir de ce moment là il trouve un remède pour pallier à cela : c'est la mise en place progressive de son surmoi destiné à faire baisser son niveau d'angoisse, elle-même engendrée par la peur de son propre comportement. Sauf que c'est ce même Surmoi qui va être générateur d'angoisse (fonctionnement névrotique) avec d'un côté les pulsions qui peuvent s'exprimer et de l'autre l'incapacité à être nocif envers sa mère.

 

Ceci entrainera la phase dépressive de la fin du stade oral, dominée entre autre, par la peur de perdre l'objet aimé. C'est ce qui va mettre en place le stade anal. La peur de la perte annonce, en effet, le désir de contrôle dans un premier temps par la bienveillance (le don), dans un second temps par l'agressivité (rétention).

Cependant, dans les deux cas il y a recherche de contrôle de la mère. Pour Klein les angoisses précoces de la phase dépressive du stade oral sont dues aux frustrations liées à l'oralité mais surtout à la peur de la perte de l'objet.

On peut rajouter qu'à partir de là, l'enfant ne clive plus sa mère en bonne / mauvaise mère, mais prend conscience qu'il y a les deux en elle. Depuis sa naissance chaque fois qu'il y a apparition de fortes pulsions destructrices, il y a culpabilité et organisation supplémentaire du Surmoi.

 

  1. Le complexe d'Oedipe n'est pas centré sur la castration :

 

Cette divergence concerne plus particulièrement l'Oedipe féminin. Pour Klein que l'on soit fille ou garçon, depuis sa conception jusqu'à plus tard, il y a un instinct de son propre sexe qui va se transformer en connaissances avec l'évolution de l'enfant (une idée intuitive de sa propre anatomie).

 

En partant de là qu'en est-il de l'angoisse liée à la castration ?

 

En termes d'angoisse, dans les deux cas, il y a la peur de ne pas parvenir à être quelqu'un de mature, c'est-à-dire capable d'enfanter. Donc chez le garçon on rejoint l'angoisse de castration et chez la fille on abandonne l'idée du regret de la castration et l'angoisse sur la capacité à devenir mère. En termes de Surmoi : chez le garçon c'est l'ampleur de ses pulsions destructrices qui met en place un Surmoi fort (vers 3 ans), chez la fille c'est sa forte capacité d'introjection des modèles familiaux.

 

  1. Point marquant la différence de la place du père depuis la naissance :

 

Klein pense que très précocement, l'enfant perçoit le lien privilégié entre sa mère et son père.  De plus, nous sommes encore en plein dans la fusion totale avec la mère, l'enfant a entre 6 et 18 mois et forme un tout avec elle.

 

Et dans cette fusion où se situe le père ?

 

Il est dans la mère, il est une partie d'elle. Entre 0 et 18 mois, la relation entre la mère et l'enfant reste fusionnelle par le biais du fantasme d'absorption du sein maternel. Cependant, malgré le fantasme d'absorption, le sein maternel disparait quand même et la frustration est là. A partir de 18 mois jusqu'à 30 mois environ le fantasme d'absorption du sein maternel débouche sur une oralité frustrée et se détourne donc vers le pénis paternel, et ce, que l'on soit fille ou garçon, cette translation s'exprime par le fait que la frustration du sein maternel entraine le passage à autre chose, mais aussi par le fait que cette deuxième période est concomitante avec le stade anal, avec la concentration autour du pouvoir (à 18 mois environ) donc là, l'enfant se tourne vers le père, représentant du pouvoir puisque détenteur du phallus tant convoité.

 

On se trouve donc avec une période féminine de 0 à 18 mois, et une période masculine de 18 à 30 mois ; la première étant dominée par l'oralité et la seconde par l'analité.

En tout cas, le désir de la mère pour le père est un facteur de maturation pour l'enfant.

Dans le matériel génétique de l'enfant, il y a le matériel nécessaire pour séduire la mère ; le réflexe de succion ; l'angoisse de séparation présente dès la naissance où l'enfant est immédiatement confronté au désir de la mère pour le père, ce qui réactive son angoisse de séparation, voire son angoisse de perte. Evidemment, il est aussi vital que la mère ait tout le matériel nécessaire pour séduire l'enfant qui sinon, en l'absence d'affectif ne peut se développer au niveau mental et bifurque vers la psychose.

 

  1. Le Surmoi archaïque :

 

Dès la fin du stade oral pour Klein il existe des prémisses du Surmoi et de la castration, ce sont les premières ébauches. L'enfant met en place ce Surmoi pour satisfaire sa mère. A la fin du stade oral si il a été correct, l'enfant aura moins recours à ce Surmoi, par contre si la fin de ce stade est déficitaire l'enfant y aura davantage recours. On peut considérer ce Surmoi comme un garde-fou, c'est un vrai mécanisme de défense développé par l'enfant pour éviter tout angoisse supplémentaire et réduire la distance avec sa mère.

 

L'introjection des mauvaises figures est inévitable et l'angoisse que cela provoque conduit l'enfant à chercher le contact libidinal avec ses parents en tant qu'objets externes de façon à chercher une réassurance dans la personne réelle. A la fin du stade oral et anal il y a une poussée normale des pulsions destructrices. L'enfant redoute de ne pas satisfaire sa mère, voire même de l'agresser, il a peur d'installer une distance supplémentaire et l'enfant y répond par ce qu'on pourrait appeler une "couche" de Surmoi supplémentaire. On parle de Surmoi archaïque résultant de la pulsion de mort qui est un processus responsable de tout ce que l'enfant vit de désagréable.

 

Le résultat de cela le fait passer au stade suivant "il grandit" et une maturation s'opère. Il a intégré les règles surmoïques : c'est l'adaptation surmoïque. La considération générale n'est plus autant centrée sur la castration, c'est le Surmoi qui prend le pas par sa mise en place. La violence du complexe d'Oedipe entraîne un sentiment de culpabilité et par conséquent chez Klein la formation du Surmoi date des stades plus précoces du complexe d'Oedipe.

 

  1. La place du père :

 

La place du père dans l'environnement de l'enfant est plus présente en amont que dans les considérations freudiennes. Dès 18 mois il y a identification au père quelque soit le sexe de l'enfant, c'est nouveau par rapport à Freud où chez lui le père intervenait plus tard et précisément au complexe d'Oedipe.

Avec la position dépressive, lorsque le Moi peut perdre la mère et la retrouver dans ses fantasmes comme objet total se profile ce que Klein appelle la relation au second objet : le père. En fait la place du père reste minoritaire depuis la naissance, mais vers 18 mois la donne change. C'est l'identification au père qui modifie les choses. On est bien dans la continuité par rapport à Freud pour le garçon, en revanche pour la fille c'est différent car dès le stade oral elle s'identifie à sa mère puis au père vers ses 18 mois et de nouveau à la mère pendant le complexe d'Oedipe. Pour le garçon, au stade oral il s'identifie à la mère, vers 18 mois au père, et de nouveau au père au moment du complexe d'Oedipe. 

 

  1. Conclusion du complexe kleinien :

 

La vision classique œdipienne de Freud était attachée à un conflit libidinal triangulaire : père, mère, enfant. Avec Klein on s'éloigne un peu de cela avec sa considération œdipienne qui est plus attachée à la construction du Surmoi. De plus, elle définit un stade féminin primaire, commun tant aux filles qu'aux garçons, pendant lequel la libido n'est absolument pas phallique mais, au contraire, très marquée par la pulsion orale qui lui confère un aspect féminin et réceptif. La féminité est donc moins associée au pôle passif (en opposition au pôle actif masculin) qu'à une qualité de type oral. Enfin, une des différences majeures entre ces deux théories est l'abandon de la castration du point de vue de la femme, tout en gardant intact l'angoisse de castration du garçon qui demeurent tout au long de la vie jusqu'à l'âge adulte, jusqu'à qu'il soit homme.

 

 Conclusion

 

 L'Oedipe se révèle être la cause des névroses de l'homme et de la femme, on peut parler d'un Oedipe mal refoulé, voir même traumatique car à la racine de ce symptôme névrotique on retrouvera dans l'analyse des fantasmes et des impressions traumatiques issus de la vie sexuelle infantile. Cette souffrance psychique qu'est la névrose découle de sentiments contradictoires où se mêlent amour, haine et désirs incestueux. On peut se demander si l'Oedipe n'est pas lui-même le prototype d'une première névrose saine ? Si l'on conçoit que l'Oedipe est une névrose on peut penser que c'est une réapparition compulsive du fantasme d'angoisse traumatique de castration à l'âge adulte.

 

Lors de la cure, par le biais du transfert entre l'analysant et l'analyste seront mis à jour des souvenirs d'enfance à caractère sexuel qui restent soumis à une réinterprétation actuelle de mode d'investissement antérieur. C'est au travers de ces fantasmes, de ses rêves évoqués par l'analysant que l'analyste grâce à ce matériel pourra traduire les stades libidinaux de l'enfance avec ses régressions, ses fixations...

En effet, ces fantasmes œdipiens se rejouent dans l'analyse où le patient reproduit en acte cette relation œdipienne sur l'analyste. Cela reflète le fait que les fantasmes œdipiens ont été mal refoulé dans l'enfance et que leurs réminiscences et leurs intensités sont à la hauteur de l'intensité avec laquelle ce plaisir sexuel a été vécu. Tel un boomerang la puissance de ces fantasmes libidinaux démontre de la violence avec laquelle ils ont été refoulés.

Le complexe d'Oedipe constitue le noyau originel de la névrose aussi bien d'un point de vue freudien que kleinien car seront prises en compte dans l'analyse et dans le transfert les stades libidinaux préœdipiens. Les apports complémentaires post-freudiens sont aujourd'hui parfaitement intégrés dans les cures.

 

Il se rejouera donc des scènes de séduction, des scènes régressives mais aussi une forme de résistance qui n'est pas néfaste à la cure. Dès lors, le transfert en plus d'être une résistance permanente et systématique se révèle comme étant l'opérateur, le moteur de la cure signant l'installation de la cure. La manière dont le patient ressent les choses (hostiles, amoureuses...) concernant l'analyste, les éléments de comparaisons, d'équivalence... sont constitutifs d'un scénario où le patient tient une place particulière ; il s'agit d'un système de relation structuré par l'organisation œdipienne. Le transfert est en cela une façon de voiler et en même temps de révéler la dynamique œdipienne. Ainsi, les manifestations du transfert sont fondamentales dans la mesure où il est essentiel de passer par une actualisation, que les phénomènes qui furent deviennent actuels et de ce fait analysables pendant la cure. En cela, on peut dire que le transfert lui-même n'est qu'un fragment de répétition, là où il y a répétition doit advenir un souvenir afin que l'expérience analytique puisse ramener le passé au passé.

En outre, la répétition apparaît comme une première façon de se remémorer, la psychanalyse consiste en fait à rapporter au passé ce que nous voyons que le malade lui ressent comme quelque chose de réel et d'actuel. Finalement ce complexe d'Oedipe c'est le désir incestueux qui fut par l'enfant quelque chose à la fois d'irréalisable et de même inconcevable dans la réalité ce qui l'en est vraiment c'est quelque chose de mythique en dehors de toute génitalité. Ce sont les fantasmes et les désirs qui supportent le mythe de l'Oedipe.

 

Pour finir, puisque le surmoi est l'héritier du complexe d'Oedipe il est donc quelque part le garant, le garde-fou, bien sur quand il n'est pas trop rigide, d'une forme de folie pulsionnelle, aussi pourront nous conclure en disant que cet Oedipe, reflet de notre première névrose saine nous prémunit de l'impact pulsionnel qui pourrait menacer un sujet de la folie.

  Rédigé par Stéphanie SOUSSAN intervenante efpp e-learning    

 

 

 

 

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